Hikacid a écrit:
Tu en à fais où ? à quelle période de l'année? les hosts étaient comment avec toi? Est-ce qu'il y a réellement un contact avec la famille? Est-ce une bonne occasion de progresser dans la langue? comment se passaient les temps libres ? quelle impression tu en gardes ?
Une réponse, donc...
Mon WWOOFing s'est fait dans une plantation de thé de la préfecture de Shizuoka. Ca s'est passé sur trois mois, de juin à août. J'ai aussi fait une escapade d'une semaine dans une forêt de la préfecture de Gunma-ken, mais je suis revenu par la suite à mes premiers hosts.
Les hosts étaient formidables et ils se sont rapidement creusés une chambre dans mon coeur. Ils m'emmenaient de temps en temps dans un onsen ou au restaurant, ou bien voir les curiosités du coin. Un jour que je pensais tout haut ("Ah, qu'est-ce que je donnerais pour un pocky là, tout de suite !"), Madame a fait monter toute la famille en voiture et on est allé au combini le plus proche (~5 km). J'ai passé la moitié du trajet à m'excuser et à dire que ce n'était vraiment pas la peine. En bref, j'étais presque traité comme un coq en pâte (ça m'a d'ailleurs laissé un arrière-goût de gêne : j'aimerais vraiment leur rendre autant qu'ils m'ont donné...).
Hum, pour le contact avec la famille, si je te dis que j'ai passé quelques soirées à prendre mon bain du soir avec leur petit garçon de sept ans, je pense que ça répond à ta question. Aussi bien en Shizuoka-ken qu'en Gunma-ken (hmm, ça se dit ?), les repas se prenaient au sein de la famille.
Progresser dans la langue, bonne question... Quand je suis parti j'avais un niveau JLPT 2, si tu vois à peu près, mais très peu de pratique orale. Comme j'étais dans une famille qui ne parlait pas anglais (ce que j'avais moi-même décidé), je me suis mis à parler tant bien que mal. S'il y a toujours eu des moments où je me contentais de hocher la tête sans comprendre la conversation, je pense quand même que ça a été un excellent moyen de faire tourner le moteur.
A l'inverse, pourquoi ai-je quitté la forêt du Gunma-ken, eh bien simplement parce que contrairement à ce que je m'attendais le host accueillait des anglophones et communiquait avec eux exclusivement en anglais. Là, pour le coup, j'ai rencontré trois italiens, étudiants de japonais, qui étaient venus pour progresser mais ne parlaient qu'anglais (ou italien entre eux).
En résumé, je ne pense pas que tu progresseras beaucoup en langue à moins d'avoir déjà un bon bagage. On vient surtout pour travailler et je doute que tu trouves un host suffisamment patient pour jouer le professeur avec toi alors que le tracteur sur lequel tu es monté s'emballe dans son champ de betteraves. Si tu as niveau moyen en japonais (tenir une conversation basique et un peu de vocabulaire), tu as tout à gagner à aller dans une famille japonaise. Dans le cas contraire, tu te retrouveras au milieu d'étrangers dans la même situation que toi et vous parlerez tous anglais.
Pour les temps libres, je pense avoir déjà un peu fait le tour plus haut. En fait, c'était assez irrégulier, et je dirais que j'avais peut-être moins d'une journée par semaine. En trois mois je suis peut-être sorti quatre ou cinq jour faire le tour des environs. Ceci dit, certains jours le travail était tellement facile que c'était limite un jour de repos (coller des étiquettes sur des paquets de thé, par exemple).
A Gunma-ken, il me semble qu'on avait notre week-end libre. Le host nous a ammené en ville et on a passé la journée à faire le tour des matsuri du coin.
L'impression que j'en garde ? Définitivement, ce n'est pas du tourisme. Il y a beaucoup de travail et il faut suivre la cadence, ça demande un effort physique et psychologique. D'un autre côté, on pénètre dans la vie rurale de tous les jours et ça devient véritablement magique, inoubliable. Il y a des temps forts qui restent gravés comme le serait une bataille (une fois, on a vendu du thé dans un festival écolo-hippie ; quatre jours à se lever à six heures, arriver sur place, préparer l'étal, vendre du thé six heures d'affilées, une heure de pause à midi, encore six heures de vente, rentrer, manger et se coucher autours de minuit). Mais pour être franc je n'ai absolument aucun mauvais souvenir. Tout a été formidable, embaumé d'une joie extatique.
L'impression que j'en garde...? Une expérience inoubliable qui n'a fait que renforcer mon amour pour le Japon. C'est tout à fait autre chose que du tourisme, mais c'est tout aussi riche en émotions. J'espère vivre encore beaucoup d'étés comme celui-ci.
Arf, tant de souvenirs... Je vais conclure avec un petit disclaimer (je sais pas comment on dit en français) : j'ai eu ENORMEMENT de chance de tomber sur mes hosts, au vu de comment je m'y suis pris pour décider de les contacter.
Généralement, les premiers critères qui peuvent te motiver à contacter un host, sur le site WWOOF Japan, sont l'activité ou la situation géographique. Eventuellement, tu peux aussi te décider sur d'autres critères que l'on peut voir sur le profil du host, comme les langues parlées, le nombre de WWOOFer admis, les circonstances dans lesquelles on prend les repas (indépendamment ou avec la famille, si l'on fait ses propres courses ou non, etc...), la durée de volontariat exigée, etc...
Une fois que le host est contacté et qu'il se dit prêt à t'accueillir, il faut se retenir de sauter de joie (la peau de l'ours avant de l'avoir tué...), et poursuivre le dialogue en posant des questions :
- sur la nature exacte du travail (conduite d'engins ? travail les genoux dans la boue ? ramasser et évacuer le crottin de cheval ?) ;
- les horaires journaliers de travail, durée de la pause à midi, jours de repos...
- les conditions de vie : où te fera-t-on dormir ? avec d'autres WWOOFer ? comment se lave-t-on (ça peut faire bizarre de poser la question ; à Gunma-ken on se douchait tous les soirs dehors, dans un baquet prévu à cet effet ; sensations garanties !) ? combien de WWOOFers travaillent en même temps dans la propriété ? quelle est la langue utilisée lors du travail ? y a-t-il accès à internet ? comment lave-t-on le linge (certains hosts n'utilisent pas de lessive, l'eau du linge s'écoulant directement dans la rivière adjacente) ? etc...
Seulement quand tu pourras fermer les yeux et imaginer la vie là-bas
d'après les informations qui t'auront été transmises, alors tu pourras confirmer ta venue.
Ca paraît un abus de précautions, mais je pense qu'un séjour pareil peut vite tourner au cauchemar par manque d'informations. J'ai lu une bonne douzaine de commentaires de hosts détaillant comment un volontaire était arrivé et, quelques jours plus tard, avait laissé un petit mot selon lequel il ne supportait pas les conditions de vie, de travail ou autre. Inversement, j'ai refusé de partir chez un host quand, lui ayant demandé combien de WWOOFers en général travaillaient dans sa ferme en même temps, il m'a répondu que je n'avais pas besoin de le savoir.
Voilà, je pense avoir fait le tour. Je repasserai plus tard pour les fautes d'orthographe, et si tu as d'autres questions n'hésite pas !