Kamikochi : randonnée dans les Alpes Japonaises

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Kamikochi : randonnée dans les Alpes Japonaises

Messagepar moheve » 28 Oct 2006 15:45

Hello,
Voici un petit topic sur Kamikochi que je me devais de laisser sur le forum pour au moins deux raisons :
- Je n’ai vu personne qui en parlait déjà
- c’est super beau : les amateurs de montagne vont adorer !

Kamikochi est le point d’entrée n°1 du parc National des Alpes japonaises (Chubu-Sangaku National Park). Sur une carte, (voir ci-dessous) tirez une droite entre Takayama et Matsumoto, et prenez le milieu : Kamikochi se trouve à 15 km au Nord, et à 1500 m d’altitude. Quand on a bien suffoqué dans le Kansaï pendant 10 jours au mois d’aout, on est bien content de respirer un peu de fraicheur !
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L’endroit est magnifique : une grande forêt s’étire le long des pentes des montagnes environnantes et recouvre le fond de la vallée, traversée par la rivière Azusa et ses eaux claires comme du cristal de roche. Depuis le pont de Kappa-bashi, on aperçoit la chaîne des Hotaka culminant à plus de 3000m.
Photo : la chaine des Hotaka et la rivière Azusa
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Kamikochi est très touristique, mais fréquenté essentiellement par les japonais eux-mêmes. Il y a relativement peu d’étrangers. Il faut dire que l’accès n’est pas aisé : les voitures sont interdites et il n’y a bien sûr pas de train. Le bus est donc obligatoire. Je suis venu en bus depuis Takayama (très jolie ville, au passage). Il faut compter 2000 Y et 1h30 de trajet. Je suis resté sur place 2 nuits et suis reparti par le bus en direction de Matsumoto (où il faut absolument s’arrêter pour voir le beau château). Là aussi il faut compter 2000 Y environ (en fait le bus pour Matsumoto s’arrête à Shin-Shimashima où il faut prendre un train (privé) jusqu’à Matsumoto)

A Kamikochi, je suis resté au gite Nishi-ito-ya-sensô. C’est assez cher : 7700 Y en ½ pension et en dortoir. Mais par contre, l’expérience de ce gite a été pour moi l’une des plus belles expériences de ce voyage. Je me suis vraiment senti en totale immersion au milieu des japonais. Il n’y avait en tout que 2 étrangers, moi compris. Les repas étant pris en commun, c’est l’occasion rêvée pour essayer de discuter avec les gens qui généralement sont très enclins à vous faire la causette ! Le dortoir est une occasion de plus de rencontrer du monde (à la différence des guest houses des grandes villes, vous êtes le seul étranger de la pièce). Et enfin, last but not least, c’est le meilleur endroit pour se frotter à l’épreuve du bain communautaire  qui est en fait un moment de pure détente, et ô combien dépaysant ! Bref, c’est vraiment une super expérience !

Concernant les plans randonnée, maintenant : le 1er conseil que j’ai à donner est d’aller à la maison du Parc prendre des infos. Pour ceux qui pensent vraiment se rendre en montagne, prenez la carte au 25000ème de la région : les lieux les plus importants sont traduits mais cependant l’essentiel est en japonais. Il faut donc être un peu habitué aux cartes pour s’y retrouver et quelques connaissances nippones peuvent servir. Toutefois, la lecture du relief peut suffire amplement, surtout par beau temps. Et les chemins sont bien tracés, on ne peut pas se perdre.
Il y a plusieurs sentiers faciles qui circulent autour de Kamikochi, et en vous renseignant un peu, vous trouverez aussi sans aucun doute le moyen d’aller au pied de montagnes de moyenne difficulté situées non loin.
Pour ceux qui veulent un peu plus dur, pas d’hésitation, vous êtes au pied du Hotaka : il vous appelle !

Voilà plus de détails sur l’ascension du Oku-Hotaka-Dake (3190 m) depuis Kamikochi (1500 m). C’est long et sportif (1700 m de montée) mais c’est magnifique. On peut raccourcir en s’arrêtant au Mae-Hotaka-Dake (3090 m, et un peu de distance en moins).

Je suis parti à 5h du matin et il faisait déjà grand jour ! J’étais loin d’être le premier levé, d’ailleurs. J’avais un sac léger qui m’a permis de ne pas trop me fatiguer en portage. Niveau vêtements, j’étais en T-shirt au sommet (début aout) (attention toutefois s’il y a du vent, ça peut se refroidir assez vite).
La première étape consiste à longer la rivière Azusa jusqu’à un embranchement qui indique clairement la direction du Hotaka (apprenez le kanji associé, ça aide, surtout au début car il y a beaucoup de chemins qui partent un peu partout). Ensuite on commence à monter à travers une forêt dense (voir photo) pour déboucher sur une sorte de pierrier. A ce stade on domine déjà bien la vallée et on arrive bientôt au refuge Dakesawa-Hutte, à 2200 m (en reconstruction en 2006), au pied de la chaine des Hotaka. Compter entre 1h45 et 2h30 jusqu’au refuge selon le rythme de marche (700 m de montée et de la distance).
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Le chemin part ensuite Nord-Est pour attaquer la pente : on est au pied du mur, pour ainsi dire. Et c’est vrai que c’est très raide : on pose les mains sans arrêt mais ça n’est jamais dangereux. Il y a même quelques échelles. Avec un peu d’habitude de ce genre de crapahut (et surtout avec un sac léger), on s’élève très vite pour bientôt tutoyer les crêtes du Hotaka.
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Derrière, la vallée s’étire et se réveille. On domine déjà le Yake-Dake (2455 m).
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Après 800 m de montée abrupte (chemin sans concession mais bien tracé), on atteint enfin la crête située juste sous la cime du Mae-Hotaka-Dake. On est à 3000 m ! Depuis le refuge, on peut compter au minimum 1h30, mais plus raisonnablement 2h-2h15. Ce tronçon peut poser des difficultés aux personnes peu habituées, c’est quand même de la rando alpine. Mais en prenant son temps, c’est très faisable, et en tout cas sans danger.

Depuis cet endroit, on a donc le choix de gravir le Mae-Hotaka (20-30 min) ou bien de continuer vers le Oku-Hotaka qui est un peu plus loin. (au centre droit sur la photo ci-dessous, le chemin qui y mène est également visible au début, sous la crête)
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Le chemin vers le Oku est sans difficultés mais un début de fatigue et l’altitude aidant, je l’ai trouvé un peu plus éprouvant (j’ai aussi voulu accélérer pour apercevoir le Mont Fuji, de peur qu’il ne se fasse rattraper par les nuages qui commençaient à s’élever !). En gros il faut compter 1h de marche supplémentaire.

J’ai quand même réussi à voir le Mont Fuji (au loin et dans la brume mais avec la saveur de l’effort recompensé) et je suis arrivé au sommet du Oku : le panorama y est vraiment superbe !

Au nord se dresse le Yari-ga-take (« la montagne pointue », photo ci-dessous)
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Au Sud-Est, l’arête en lames de couteaux du Hotaka :
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Au nord-Ouest, s’étendent d’autres massifs des Alpes japonaises
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Et au Sud, la vallée de Kamikochi : le point de départ !
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Bon, mais avant de redescendre, la pause déjeuner s’impose, il est grand temps de dégainer les baguettes pour déguster la lunch-box et les onigiri (boulettes de riz avec une prune aigre au milieu) que m’a préparé la cuisinière du refuge ! Un repas aux baguettes à presque 3200 m au Japon, croyez-moi ça ne s’oublie pas !
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La descente est quand même assez fatigante : il faut vraiment garder une réserve d’énergie pour ça. Mais il y a apparemment souvent de nombreux groupes qui descendent sur Kamikochi dans l’après-midi (ils sont montés depuis le refuge situés de l’autre versant de la montagne). Cela vous fera peut-être, comme pour moi, une agréable compagnie pour descendre tranquillement et causer un peu ! Et puis en rentrant, pourquoi pas un bon bain chaud pour se délasser ? Après tout ça y est, vous êtes un montagnard japonais !
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Voilà, j’espère que ce petit récit-topo-photo vous donnera envie de découvrir cette région qui, bien que très visitée, reste un magnifique parc naturel de montagne !
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moheve
 
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